L' Habillement du Chevalier au
milieu du XIV ème Siècle

 

 

La Base Civile

    Le chevalier de 1356 portait bien évidemment sous son équipement militaire une base civile. Cette base civile comprenait :

Si la chainse ne mérite pas d’explication particulière (une simple chemise de lin), les braies en méritent une. Les braies étaient une sorte de caleçon en lin qui arrivaient à peu près au dessus des genoux. Elles étaient serrées par un cordon qui passait dans la doublure du bord supérieur.

 

 

Équipement Militaire

 | Les Vêtements | Protection de la Tête | Protection des Mains | Protections Ventrales | Protections des Bras |
| Protection des Jambes | Protection des Pieds | Les Vêtements d'Apparat | Les Accessoires | Exemples |

        I.  Les Vêtements

    Par dessus la chainse, les chevaliers enfilaient ce que l’on appelle un pourpoint de quatre quartiers. Le pourpoint de quatre quartiers était un vêtement très matelassé arrivant à mi-genoux et pourvu de manches.

    Sa coupe particulière en quatre quartiers était telle qu’elle cintrait particulièrement les hanches et qu’elle bombait le torse obéissant ainsi à la mode de l’époque . Ce pourpoint permettait d’amortir considérablement les coups sous l’armure.

    Les tissus utilisés étaient divers mais le lin, le velours et la soie étaient les plus usités. Le rembourrage intérieur consistait souvent en du crin de cheval, aisé à trouver car en grande quantité à l’époque.

PHOTO N°1                     PHOTO N°2

 

    Les chausses « gambisonnées » étaient l’équivalent des chausses civiles mais rembourrées comme le pourpoint pour amortir les coups. Composées de deux longues chaussettes indépendantes, elles s’enfilaient comme des collants et venaient s’attacher aux deux extrémités des braies par l’intermédiaire de cordons.

PHOTO N°1                  PHOTO N°2

 

    La cale était tout simplement un bonnet rembourré de la même manière que le pourpoint et qui se portait sous le casque pour le confort et pour amortir les coups.

 

        Dans le cas des bassinets, les modèles d'époque retrouvés nous montrent une rangée d'une multitude de petits trous le long du bord du casque. Ces petits trous étaient destinés à faire passer un fil qui était cousu à un bonnet rembourré interne qui épousait la forme du bassinet.

                            

   

* * * * * * * * * * * * * * * * *

 

II. La Protection de la Tête

Le casque de prédilection du XIVème siècle est le bascinet qu’elle qu’en soit sa forme. Il a la particularité d’être toujours pourvu d’un aventail (col de maille) qui lui est rattaché au niveau de ses vervelles.

 

        On a ici deux exemples de bascinets simples avec leurs cols de maille. Celui de gauche a son tymbre rond et celui de droite a le tymbre le plus courant, c’est-à-dire en pointe fuyant. Il est à noter que le bascinet simple n’était pas la seule protection de tête du chevalier puisque celui-ci enfilait systématiquement son grand heaume par dessus le bascinet lors des charges de cavalerie.

PHOTO N°1                PHOTO N°2

 

            Ce type de bascinet avait l’avantage de protéger efficacement la gorge grâce à sa bavière. Il pouvait soit posséder un mézail (visière), soit être complété par un chapel de Montauban.

PHOTO N°1                     PHOTO N°2

 

        Ce bascinet dépourvu de col de maille disposait également d’une bavière dont l'ouverture était prévu par un système de charnières. Ce bascinet enveloppant n'offrait pas une grande liberté de mouvement à la tête.

 

            Encore un bascinet très typique qui n’est autre qu’un bascinet simple mais orné d’un nasal riveté au casque et accroché à l’aventail. 

PHOTO N°1                                               PHOTO N°4

PHOTO N°2            PHOTO N°3

 

S’il a été un bascinet utilisé très couramment, c’est bien celui-ci qui est aisément reconnaissable grâce à la forme de son mézail. Le grand heaume étant peu à peu délaissé, l’idée d’ajouter une visière au bascinet a donné une série de bascinets avec des visières aux formes différentes. On baissait la visière lors de la charge de cavalerie mais la plupart du temps, elle était relevée car la vision était limitée.

 

            Ce bascinet d’origine germanique est assez courant en reconstitution historique et constitue un pièce intéressante surtout lorsqu’on sait qu’un contingent allemand était présent à la bataille de Nouaillé.

 

 

        Ce bascinet possède un mézail qui « évoque » le museau d’un chien.

PHOTO N°1                               PHOTO N°3

PHOTO N°2

 

        Symbole suprême de la charge des chevaliers, le grand heaume perdure encore au XIVème bien qu’en déclin avec le succès grandissant du bascinet à mézail.

PHOTO N°1                                      PHOTO N°5

PHOTO N°2            PHOTO N°4

PHOTO N°3

 

        Certains chevaliers préféraient le chapel de Montauban au bascinet. Porté avec un camail, c’est une alternative pour ceux que le bascinet rebute.

PHOTO N°1                                  PHOTO N°2

 

* * * * * * * * * * * * * * * * *

 

III. La protection des mains

        Deuxième grand symbole avec le bascinet du chevalier de la deuxième moitié du XIVème siècle, les « hourglass gauntlets » sont une pièce idéale mais rare à trouver et difficile à fabriquer.La mitaine est constituée généralement d’une seule pièce avec cette forme typique de sablier et des ornements en laiton plus ou moins nombreux.

        Les plaques protégeant les doigts peuvent être agencées de différents manières de la plus simple (en écailles) à la plus compliquée (rivetage des plaques entre elles avec systèmes de pivots). Ces mêmes plaques sont rivetées et/ou cousues sur des bandes de cuir elles-mêmes cousues sur un gant interne.

PHOTO N°1                          PHOTO N°2

 

        Les “Wisby gauntlets” sont tout aussi historiquement corrects pour l’époque concernée et constituent une bonne alternative aux hourglass gauntlets. Il n’y a pas de mitaine indépendante, tout le gantelet est construit sur des agencements de plaques rivetées avec du cuir. Les plaques des doigts peuvent par contre reprendre les différents technologies utilisées pour les hourglass gauntlets.

PHOTO N°1                                          PHOTO N°4

PHOTO N°2          PHOTO N°3

 

 

        Ce sont des gantelets qu’on trouve dans les années 1340-1360 et qui sont constitués d’une multitude de plaques rivetées mais sans cuir apparent comme les wisby gauntlets.

PHOTO N°1                         PHOTO N°3

PHOTO N°2

 

        Les chevaliers pauvres ne pouvant s’offrir les technologies nouvelles protégeaient leurs mains par des gants de mailles, comme au début du XIVème siècle.

 

* * * * * * * * * * * * * * * * *

 

IV. Les protections ventrales

         La chemise de maille est courte (mi-genoux) et pourvue de manches longues pour le chevalier de cette époque. Elle peut avoir son bord inférieur en pointe, en rond, droit, ou encore festonné de pointes Les anneaux sont soit totalement rivetés soit rivetés en alternance (1 anneau soudé, 1 anneau riveté).

 

        Autre élément typique de ce milieu de siècle, la cotte de plates est un élément indispensable dans l’équipement du chevalier. Enfilée par dessus la chemise de maille, c’est un agencement de plaques se recouvrant (ou non) et rivetées sur un vêtement de cuir ou d’une autre étoffe. Plusieurs types de cottes de plates ont été retrouvés sur le site de la bataille de Wisby en 1361.

PHOTO N°1                                          PHOTO N°4

PHOTO N°2             PHOTO N°5

PHOTO N°3                                         PHOTO N°6

 

 

* * * * * * * * * * * * * * * * *

 

V. La protection des bras

    Les spallières sont les pièces d’armure qui protègent les épaules. Dans l’époque qui nous intéresse, les spallières n’en sont qu’à leur début. Beaucoup de chevaliers n’en portent pas mais les bras d’amures en tubes ayant fait leur apparition, elles deviennent assez courantes.

    Dans le cas de bras d’amures en tubes, les spallières sont à peu près toujours du même type : un quart de sphère et trois plaques.

    Cependant, on a vu des exemples avec deux plaques seulement, mais plus longues. Lorsqu’on a affaire à un chevalier ne portant pas de bras d’amure en tube, s’il porte des spallières, elles sont très souvent d’une seule pièce (métal ou cuir bouilli clouté) et sont accrochées à la cotte de plates.

       PHOTO N°1                                                 PHOTO N°6

                 PHOTO N°2                                               PHOTO N°7

                             PHOTO N°3                                               PHOTO N°8

                                      PHOTO N°4                                                PHOTO N°9

                                               PHOTO N°5                                                PHOTO N°10

 

    Les canons de bras sont les pièces d’armure qui protègent les bras. Dans le cas de bras d’amure en tube, il s’agit d’un demi cylindre riveté aux spallières et aux cubitières (cylindres entiers = très rares).

    D’autres exemples typiques de l’époque sont les canons de bras faits de plaques d’acier rivetées sous un cylindre de cuir épais.

PHOTO N°1                          PHOTO N°2                        PHOTO N°3

 

    Dans le cas des bras d’amure en tubes, les cubitières sont faites soit de 3 pièces rivetées entre elles et pivotant (2 lames et une plaque bombée avec une oreille en cœur pour protéger la saignée) soit d’une seule plaque bombée avec une rondelle rivetée (protection de la saignée).

    Dans ce dernier cas, la plaque bombée est accrochée par des liens au canon de bras et au canon d’avant-bras.

PHOTO N°1                          PHOTO N°3                            PHOTO N°5

PHOTO N°2                       PHOTO N°4

 

    Dans le cas des bras d’armure en tubes, les canons d’avant-bras sont des cylindres s’ouvrant au moyen de charnières ou bien des demi cylindres, ils sont dans ce cas rivetés aux cubitières.

    D’autres exemples typiques sont les canons d’avant bras faits de plaques d’acier rivetées sous un cylindre de cuir épais.

PHOTO N°1                               PHOTO N°2                            PHOTO N°3

 

* * * * * * * * * * * * * * * * *

 

VI. La protection des jambes

    Les cuissots sont les pièces d’armure qui protègent les cuisses. Les demi cuissots d’acier sont rares à l’époque. Les cuissots faits de plaques d’acier rivetées sous un cylindre de cuir épais sont par contre très courants. 

PHOTO N°1                                 PHOTO N°3                                 PHOTO N°5

PHOTO N°2                           PHOTO N°4

 

    Les genouillères sont faites d’un seule pièce d’acier (ou cuir bouilli) mais leur méthode de maintien aux genoux sont diverses. Elles peuvent être soit accrochées par des lanières soit rivetées sur une bande de cuir (qui est le prolongement des cuissots).

PHOTO N°1

PHOTO N°2                                PHOTO N°8

PHOTO N°3                                              PHOTO N°9

PHOTO N°4                                                                  PHOTO N°10

PHOTO N°5                                                      PHOTO N°11

PHOTO N°6                                 PHOTO N°12

PHOTO N°7            PHOTO N°13

 

    Les grèves sont les pièces d’armure qui protègent les jambes. Lorsqu’elles sont faites d’acier, elles sont très généralement des demi grèves.

    Dans les autres cas, on peut trouver soit des grèves complètes en cuir avec des plaques d’acier rivetées, soit éventuellement des grèves de cuir bouilli.

PHOTO N°2                           PHOTO N°4

PHOTO N°1                    PHOTO N°3                      PHOTO N°5

 

    Sous les grèves et les genouillères étaient portées des sortes de collant de mailles qui formaient des chaussures de maille à leurs extrémités. Elles étaient soit accrochées aux cuissots soit maintenues par des courroies accrochées à une ceinture.

PHOTO N°1                                             PHOTO N°2

 

* * * * * * * * * * * * * * * * *

 

VII. Les protections des pieds

    Les solerets sont les pièces d’amure qui protègent les pieds. On peut trouver des solerets faits de plaques de métal rivetées recouvrant le dessus du pied déjà protégé par de la maille.

    Certains chevaliers ne portent que leurs chausses de maille en guise de solerets. On trouve aussi des solerets en cuir bouilli ou en cuir avec des plaques d’acier rivetées en dedans ou au-dessus.

PHOTO N°1                     PHOTO N°2                  PHOTO N°3

 

VII. Les vêtements d’apparat

    Le surcot d’armes est un vêtement sans manches court (mi-genoux) parfois rembourré et portant le blason de son propriétaire.

    Il est cintré à la ceinture comme le voulait la mode de l’époque. Il est fait généralement de tissu riche (soie, velours…) et souvent festonné à son extrémité inférieure.

PHOTO N°1          PHOTO N°7

PHOTO N°2                                  PHOTO N°8

PHOTO N°3                                                            PHOTO N°9
 PHOTO N°13
PHOTO N°4
                                                       PHOTO N°10

PHOTO N°5                                     PHOTO N°11

PHOTO N°6          PHOTO N°12

 

            VIII. Les accessoires

    La ceinture de noblesse est une ceinture militaire qui montre le rang de noble de son propriétaire. Elle est faite à l’époque concernée de plaques richement décorées de laiton ou de bronze rivetées sur une ceinture de cuir.

    Elle est portée sur les hanches toujours très bas ce qui donne un style bien caractéristique à cette époque.

PHOTO N°2               PHOTO N°4

PHOTO N°1                    PHOTO N°3               PHOTO N°5

 

 

 

Exemples de chevaliers typiques de l’époque

 

 

En figurine

 

En dessin de l’époque

 

En photographie actuelle

 

En dessin actuel