Les ventouses
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©2008 Nouaillé 1356
| Le mari | Jamais ! Vous m’entendez ? Jamais une femme , bonne comme celle que j’ai, ne saura me tromper ! Je suis un mari heureux, car j’ai la plus fidèle des épouses ! Et qu’il lui fasse grand bien de le rester ! |
| La femme | Je n’ai pas , mon mari de désir plus cher que d’être fidèle à vos souhaits. Jamais je ne songerai à vous désobéir, tant je vous aime et vous crains.(clin d’œil au public). |
| Le mari | Il va bien ainsi. Mais dites-moi. que sont vos douleurs et votre mal de reins devenus ? |
| La femme | J’ai eu vent d’une femme qui les fait passer avec des ventouses, et l’ai prié de passer tantôt. Tiens, d’ailleurs, la voici ! |
| L'amant | (Déguisé en femme) Madame, Messire, lequel de vous m’a fait mander ? |
| Le mari | C’est ma femme, et je tient à ce que vous la guérissiez ! |
| La femme | Venez, Madame, allons dans ma chambre ! |
| Le mari | Mettez-y tout votre talent, et je vous récompenserai grassement !...(au public) Si cette femme connaît son métier, elle ne rencontrera pas un ingrat.... Faut-il que cela soit si long ! ... Cela va, ma mie. |
| La femme | Oui, ouiiiii... ! |
| Le mari | Comme ma femme doit être bien traitée ! ... Ah , enfin. |
| La femme | Ah, Messire! Me voilà toute revigorée ! |
| Le mari | Par quel miracle l’as-tu ainsi changé ? Dis moi et tu seras payée ! |
| L'amant | Je l’ai d’abord sur le lit étendu, puis ai mis sa peau à nu, afin de bien voir l’ampleur du mal ! Elle était fort atteinte: le ventre et les reins surtout (il tend la main). |
| Le mari | Qu’y fis-tu ? Tiens prends ce sou ! |
| L'amant | Il a fallu que les ventouses soient bien mises ! Vous verrez : elles ont fait un peu comme des suçons (jeu de la main) |
| Le mari | Ce traitement devient long et après ? |
| L'amant | Je lui ai porté au moins cent coups de cet outil que j’ai, qui fait activer le sang, remonter les humeurs et passer la fatigue... |
| Le mari | Quel talent ! Elle a l’air ingénue ! |
| L'amant | C’est que j’usais alors de mon onguent secret, que je garde dans un petit sac, et qui fait des miracles sur les blessures des femmes! |
| Le mari | Voilà ton du! Puisque tu as agi en confiance, je te traite avec gratitude ! |
| La femme | Messire, vous pouvez, car il , euh... elle le mérite !(à l’autre) Je crains de retomber malade dès que vous serez parti ! |
| Le mari | Ah non , alors ! Ce traitement risque de me mettre à sec ! |
| La femme | Moi c’est plutôt le contraire (geste de femme enceinte) |
| L'amant | Madame, j’espère que, grâce à moi , vous aurez trouvé un peu de plaisir dans le mal (prononcez mââle). |



